A
propos de l'exposition:
“Corps
prêtés, Interprétés”
Septembre 2001
Les “corps
prêtés, interprétés” que nous présentent
le photographe Michaël Serfaty et la chorégraphe Brigitte
Faragou accompagnée de sa compagnie Natya sont des corps
qui s’animent, s’élancent, se déploient
dans une succession mobile. Les danseuses photographiées
nous montrent des gestes, des présences,explorant les rythmes
et les ressorts du mouvement. Avec les photographies de Michaël
Serfaty, nous voyons se décoller les images et s’animer
les corps.
La main d’une danseuse se détache et se tend vers nous.
Une autre main tient une feuille. Un pied tendu, des mains,des dos,
tous ces morceaux de corps nous font signe (Mobile 2001) .
Ailleurs, des danseuses imprimées sur des voiles flottent
dans l’air. Dans Dévoilé 2002 les corps dipersés
bougent imperceptiblement, comme si l’image fixée des
danseuses voulait retrouver le mouvement de la danse. Les feuillets
mobiles voltigent comme les axes de l’espace.
Dans les images découpées de Décomposition
2001, images répétées, où les trames
se montrent, faisant penser à une pellicule cinématographique,
le rythme s’affirme. “Il s’agit d’un titre
agressif” explique Michaël Serfaty, qui désire
passer de l’image fixe à la photographie, de l’image
mortifère à la restitution de la mobilité de
la danse. En un mot , son projet est de “rendre sa politesse
au mouvement de la danse”.
Les danseuses de la compagnie Natya, Pauline, Elodie, Noémie,
Pierine, Elisabeth, Idoline et la chorégraphe Brigitte Faragou
en profitent pour nous faire découvrir leur univers où
le corps inscrit sa trace.
Il s’agit des “Moulons”, ces êtres qui dansent
ressemblant à des figures hybrides sorties de l’imagination
d’un Philippe Découflé, qui vont en de mouvantes
marches et traversent le jardin de l’Espace Van Gogh. Les
déplacements incertains de ces créatures dansantes
nous offrent une danse exploratrice,où le mouvement parcourt
chaque parcelle d’organisme.
Une danse qui révèle la peau de l’âme.
Isabelle Daniel-Le Pape
critique d’art.