Corps prêtés interprêtés

Romano
PIC_57
PIC_56
Paysage...3
Paysage...2
Paysage...1
Moulon_84
P.Combes_41
Passion_bis_70
P.Combes N&B 35
Le_Saut
Les Ballerines Rouges
Minotaure
P.Combes_N_B_46
Passion
Melusine_031
BF_99_24
Femina

Corps prêtés, Interprétés
Arles - Septembre 2001

 

Les “corps prêtés, interprétés” que nous présentent le photographe Michaël Serfaty et la chorégraphe Brigitte Faragou accompagnée de sa compagnie Natya sont des corps qui s’animent, s’élancent, se déploient dans une succession mobile. Les danseuses photographiées nous montrent des gestes, des présences,explorant les rythmes et les ressorts du mouvement. Avec les photographies de Michaël Serfaty, nous voyons se décoller les images et s’animer les corps.
La main d’une danseuse se détache et se tend vers nous. Une autre main tient une feuille. Un pied tendu, des mains,des dos, tous ces morceaux de corps nous font signe (Mobile 2001) .
Ailleurs, des danseuses imprimées sur des voiles flottent dans l’air. Dans Dévoilé 2002 les corps dipersés bougent imperceptiblement, comme si l’image fixée des danseuses voulait retrouver le mouvement de la danse. Les feuillets mobiles voltigent comme les axes de l’espace.
Dans les images découpées de Décomposition 2001, images répétées, où les trames se montrent, faisant penser à une pellicule cinématographique, le rythme s’affirme. “Il s’agit d’un titre agressif” explique Michaël Serfaty, qui désire passer de l’image fixe à la photographie, de l’image mortifère à la restitution de la mobilité de la danse. En un mot , son projet est de “rendre sa politesse au mouvement de la danse”.
Les danseuses de la compagnie Natya, Pauline, Elodie, Noémie, Pierine, Elisabeth, Idoline et la chorégraphe Brigitte Faragou en profitent pour nous faire découvrir leur univers où le corps inscrit sa trace.
Il s’agit des “Moulons”, ces êtres qui dansent ressemblant à des figures hybrides sorties de l’imagination d’un Philippe Découflé, qui vont en de mouvantes marches et traversent le jardin de l’Espace Van Gogh. Les déplacements incertains de ces créatures dansantes nous offrent une danse exploratrice,où le mouvement parcourt chaque parcelle d’organisme.
Une danse qui révèle la peau de l’âme.

Isabelle Daniel-Le Pape
critique d’art.

 

Les photographies présentées sont extraites des chorégraphies suivantes:

- Cie Natya - Brigitte Faragou: Nagazaki - Fémina - Mélusine - Moulon - Passion

- Ballets Preljocaj - Angelin Preljocaj: Stricto Sensu - Paysage après la Bataille

- Cie Cave Canem - Philippe Combes: Minotaure

- Philippe Jamet: Portraits Dansés