© Michaël Serfaty

Ecrits de lumière

Ecrits de lumière 

Maison de la Mer - Cavalaire sur Mer

Août 2002

 

Photographier - écrire avec la lumière.

Mettre en images la mémoire.

20 ans de vie.

20 ans de vacances, de plage, de famille, de chaleur, de partages, de rires, d’amis, de joie...

20 ans d’étés, d’enfants, de maillots mouillés, de barbecues, de sable dans la voiture, de sandales de mer, de regards en coin sur la serviette voisine, de beignets aux pommes qui crissent sous la dent, de promenades sur le port au crépuscule, de cornets de glace qui poissent les mains, de fougasse chaude au petit déjeuner, de douche au tuyau d’arrosage, de marches jusqu’au ponton, de dos qui cuisent et de fesses blanches, de mistral dans les cheveux... 20 ans d’ivresse et de liberté.

Comme une porte ouverte sur la paix de soi.

De tout cela, des images, des éclats de mémoire, au rythme des années, des saisons, des enfants qui naissent et qui grandissent, de la vie qui change aussi...

Mais les images de la mémoire, c’est aussi un parcours artistique, technique, un processus de passion et d’exigence. C’est le regard qui s’aiguise au fil du temps, qui progresse, recherche, distille. C’est une écriture photographique qui s’élabore, qui se forge un caractère, une identité, une personnalité.

Le vacancier aux lubies gentiment moquées est devenu photographe.

Mais toujours, ce retour à l’été, au Sud, comme un bain de source purificatrice, ce plaisir de l’image violente et limpide, de couleur et de lumière, même déjà faite, même déjà goûtée.

Alors exposer la Méditerrannée?

Exposer une tranche de sa vie?

Certainement, mais sans impudeur, sans discours, sans sentimentalisme.

Avec cette simplicité du beau, ce plaisir du symbolisme simple, évident, cette reconnaissance joyeuse en hommage.

Hommage à cet espace de clarté entre ciel et mer où le temps n’est que pulsations de vie.

Aussi comme un hymne à cette autre part de nous qui ne revit qu’au travers du temps parallèle, du sable entre les orteils et les cheveux plein de sel.

Comme un vertige de lumière....

Comme un bonheur...

 

Michael SERFATY