Michaël, les Miens et moi

La mémoire est une trace.

L’enfance une empreinte.

 

J’ai rédigé mon présent, des années durant, en inondant de lumière et de couleur des grains d’argent, au gré des villes et des continents.

Puis j’ai obscurci mes lumières, parce que la vie se charge de mettre un voile sur nos abat-jours. Les pixels m’ont aidé, et m’aident encore, à y voir dans la nuit et dans les ambres et les indigos des clartés ambigües.

Mais quand arrive le temps de vider la maison de ses parents, de considérer ce pathétique héritage d’images, papiers, porcelaines et métaux ternis, l’histoire des traces et des empreintes remonte au grand jour. Et sa densité. Et son relief.

Car une trace, une empreinte ne peuvent se satisfaire d’une surface de plane de papier, si précieuse fût-elle. Tous ces souvenirs se mettent à dialoguer, en assemblages insensés, de colères ou d’apaisements.

C’est le sens du travail que je propose ici.

Et qui est « in progress » comme on dit, et que je n’ai nulle hâte de conclure.

Mes ressacs et mes marées me rapportent quelques fragments, au creux des insomnies, ou des humeurs éveillées, qui trouvent un écho spontané vers une photographie virée ou un petit trésor sauvé d’un tiroir ou d’une enveloppe.

Et ça risque de durer tant que mes souvenirs voudront bien se rappeler à mes présents encore énergiques et actifs.

 

Cette série s’appelle « Michaël, les miens et moi », titre dont l’égocentricité est forcément revendiquée, sans fausse volonté d’universalité, sans tentative de plaire ou de faire, juste de laisser émerger et d’exister encore, avec mon regard et mon imaginaire, au milieu de mes jours présents et habités.

 

 

                                   Michaël Serfaty

© Michaël Serfaty